Votre bulletin hebdomadaire des rappels alimentaires et de la conformité réglementaire – Semaine 3, 2026
La troisième semaine de janvier a enregistré une augmentation notable de l’activité de surveillance de la sécurité alimentaire en Europe. Entre le 12 et le 18 janvier, le Système d’Alerte Rapide pour les Aliments et les Fourrages (RASFF) a traité 78 notifications de rappel, soit une hausse de 15 % par rapport aux 68 alertes de la semaine précédente.
Les produits frais sont restés au centre de l’attention, mais l’histoire la plus intéressante cette semaine est la concentration de plusieurs problèmes : des alertes répétées sur le même produit, le même pays d’origine et parfois le même agent chimique.
Faits marquants
- 78 notifications au total (65 alimentaires, 10 pour les fourrages, 3 matériaux en contact avec les aliments)
- Produits frais : première catégorie avec 15 alertes (19,2 %)
- Parmi les produits frais, les résidus de pesticides dominent : 11 alertes sur 15 concernent des pesticides
Deux “schémas répétitifs” ont marqué le profil de risque de la semaine :
- Acephate dans les haricots rouges du Brésil : 4 notifications (un signe d’attention ciblée aux frontières ou d’échec répété du fournisseur)
- Salmonella dans la farine de viande de volaille du Royaume-Uni : 5 notifications (catégorie fourrages, problème concentré)
Principales catégories de produits concernées
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Graphique 1 : Top 5 des catégories de produits avec le plus d’alertes RASFF (Semaine 3)
Les produits frais ont conservé leur position en tant que catégorie générant le plus d’alertes, mais la distribution de la semaine dernière s’en démarque fortement de la saisonnalité habituelle. Si les fruits et légumes arrivent en tête avec 15 alertes (19,2 % du total), les aliments diététiques et les compléments alimentaires suivent de près avec 14 alertes. Cette concentration est due aux violations d’étiquetage, aux allégations de santé non autorisées et à la crise persistante de contamination par le cérulide dans les préparations pour nourrissons commercialisées dans plusieurs pays.
Focus sur les produits frais
Les alertes sur les produits frais de cette semaine se répartissent en trois problèmes très concrets pour les acheteurs : risque de résidus, risque lié au séchage et au stockage, et risque de contamination physique.
1) Résidus de pesticides : principal facteur de perturbation de la semaine
11 alertes concernant des produits frais portaient sur des résidus de pesticides. Plusieurs substances étaient non autorisées dans l’UE, ce qui accroît les risques de perturbations commerciales (retenues, refus, contrôles renforcés).
Le problème le plus répété :
- Haricots rouges (Brésil) : acephate (non autorisé), apparu 4 fois. Quand une même combinaison substance-produit-pays d’origine se répète en une semaine, cela signifie généralement l’une des deux choses : a) la même chaîne d’approvisionnement continue d’expédier des lots non conformes, ou b) les contrôles ont été renforcés et les inspecteurs recherchent systématiquement cette substance. Dans les deux cas, les acheteurs doivent considérer la situation comme un dossier actif, et non comme un incident isolé.
Second signal à noter : les fruits tropicaux et la pression liée à l’approvisionnement hors saison. L’Équateur apparaît deux fois cette semaine dans les produits frais, notamment avec un cas de pitaya présentant plusieurs résidus.
2) Figues: réputation qualité et conformité stricte
Les figues de Turquie ont été signalées à plusieurs reprises, mais avec deux types de problèmes différents :
- Ochratoxine A dans les figues (2 notifications séparées)
- Aflatoxines (B1 et totales) dans les figues secs (1 notification)
- Plus un problème délicat pour le marché : figues secs biologiques contenant perméthrine et tétraméthrine (non autorisées)
3) Contamination physique : petits fragments, grandes conséquences
La Belgique a enregistré une alerte concernant des morceaux de plastique et de verre détectés dans des champignons tranchés. Les risques physiques sont souvent moins fréquents que les résidus, mais ont un impact commercial brutal, car ils soulèvent des doutes sur le tri, le tranchage et le contrôle des emballages. Si vous vous approvisionnez en produits transformés (tranchés, surgelés ou emballés), votre risque ne se limite pas à la chimie agricole : il concerne également l’environnement de conditionnement.
Liste complète des produits frais rappelés
Fruits et légumes
- Figues secs (Turquie) : Ochratoxine A [2 notifications], aflatoxines (B1 et totales), perméthrine + tétraméthrine (produit biologique)
- Bananes (Équateur) : Chlorpyrifos (substance non autorisée)
- Pitayas (Équateur) : Cyperméthrine, diméthoate, lambda-cyhalothrine
- Poivrons tranchés et surgelés (Égypte) : Propargite (dépassement de LMR)
- Poivrons (Égypte) : Chlorpropham au-dessus des limites légales
- Poireau (Belgique) : Lambda-cyhalothrine (dépassement de LMR)
- Raisins secs (Chine) : Chlorpyrifos (substance non autorisée)
- Haricots rouges (Brésil) : Acephate (substance non autorisée) [4 notifications]
- Champignons tranchés (Belgique) : Corps étrangers en plastique et en verre
Produits céréaliers
- Riz long (Pologne) : Corps étranger
- Épeautre (Belgique) : Chlorpyrifos-méthyl (substance non autorisée)
Herbes et épices
- Poudre de wasabi (Chine) : Présence possible de moutarde et soja (allergènes)
- Aneth frais (Ouzbékistan) : Penconazole (0,081 mg/kg)
- Piments (Chine) : Dépassement de chlorate + chlorfénapyr
- Cannelle (Inde) : Pas de test de pesticides, pas de certificat sanitaire officiel
- Muscade (Indonésie) : Aflatoxine B1
Fruits à coque et graines
- Arachides crues/non torréfiées (Argentine) : Aflatoxine B1 et aflatoxines totales
- Beurre de cacahuète (États-Unis) : Aflatoxine B1
- Arachides en coque (Chine) : Aflatoxine B1
- Arachides (États-Unis) : Aflatoxine B1 et aflatoxines totales
- Crème de pistache (Italie) : Salmonella spp.
- Graines de sésame (Soudan) : Absence de certificats sanitaires [2 notifications]
- Graines de tournesol non décortiquées pour oiseaux sauvages (Ukraine) : Salmonella spp. (matière première pour fourrage)
Schémas géographiques des risques
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Graphique 2 : Top 5 des pays avec le plus d’alertes RASFF (Semaine 3)
Ce que la carte des origines révèle cette semaine
Toutes catégories confondues, les principaux pays d’origine étaient :
- États-Unis (10) : principalement lié à la conformité des compléments alimentaires (allégations, étiquetage, ingrédients)
- Chine (8) : réparti sur plusieurs catégories, y compris les produits frais (raisins secs, piments) et d’autres zones de contrôle
- Royaume-Uni (7) : presque exclusivement Salmonella dans la farine de viande de volaille (produits pour animaux), un problème très concentré
- Pologne (5) et France (5) : incidents d’origine UE montrant que « à l’intérieur de l’UE » n’est pas automatiquement synonyme de faible risque
- Turquie (4) : fortement lié aux risques concernant les figues cette semaine
- Brésil (4) : essentiellement un problème récurrent : acephate dans les haricots rouges
Origines des produits frais (points à surveiller pour les acheteurs)
- Turquie (4) : figues (mycotoxines + insecticides non autorisés)
- Brésil (4) : haricots rouges (cluster répété d’acephate)
- Égypte (2) : poivrons (propargite ; chlorpropham)
- Équateur (2) : bananes (chlorpyrifos) ; pitaya (multi-résidus)
- Belgique (2) : poireau (lambda-cyhalothrine) ; champignons tranchés (plastique/verre)
- Chine (1) : raisins secs (chlorpyrifos)
Principaux risques alimentaires en Europe cette semaine

Graphique 3 : Top 5 des risques alimentaires en Europe – semaine 3, 2026
La répartition des risques de la semaine dernière illustre la nature multidimensionnelle des risques pour la sécurité alimentaire auxquels sont confrontées les chaînes d’approvisionnement agricoles. Les résidus de pesticides dominaient avec 24 notifications (30,8 % du total), suivis de près par les micro-organismes pathogènes avec 20 alertes (25,6 %), et les mycotoxines représentaient 15 cas (19,2 %). Cette répartition quasi-équivalente entre les risques chimiques, biologiques et fongiques signifie que les stratégies d’approvisionnement axées exclusivement sur une seule catégorie de risque, comme les programmes de tests de pesticides qui ignorent le dépistage microbien ou des mycotoxines, passeront à côté de menaces importantes.
Ce que cette semaine révèle pour les producteurs et les acheteurs
Les rappels de cette semaine n’indiquent pas que « plus de produits frais sont dangereux ». Les alertes sur les produits frais sont restées presque les mêmes que la semaine dernière (15 contre 14). Ce qui a changé, c’est tout ce qui les entoure. Le nombre total de notifications a de nouveau augmenté, et une part plus importante de l’attention du système s’est portée sur les produits pour animaux et sur les catégories fortement soumises à la conformité, comme les compléments alimentaires. En termes simples, les contrôles fonctionnent à plein régime à nouveau après le ralentissement des vacances, et ils détectent des problèmes sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, pas seulement à l’entrée des produits frais.
Pour les acheteurs, le signal le plus utile est la concentration sur certains problèmes. Quand une même filière apparaît plusieurs fois en une semaine, ce n’est que rarement le fruit du hasard. L’exemple le plus clair est celui des haricots rouges du Brésil, signalés quatre fois pour l’acephate, ainsi que les problèmes répétés liés aux figues de Turquie. Ces schémas constituent des signaux d’alerte précoces pour le marché : plus de contrôles aux frontières, plus de retenues, plus de rejets et davantage de contraintes pour tous ceux qui s’approvisionnent sur ces filières, même si leurs propres lots sont conformes.
Pour les producteurs, le message est légèrement différent : la semaine confirme que les principaux points de pression demeurent la conformité chimique et le contrôle post-récolte. La plupart des cas concernant les produits frais relèvent de résidus de pesticides, et les quelques alertes non liées à ces résidus rappellent à quelle vitesse la valeur peut se perdre après la récolte, que ce soit à cause des conditions de séchage et de stockage (mycotoxines dans les fruits secs) ou de la discipline sur la ligne d’emballage (corps étrangers / contaminants physiques).
Si l’on devait retenir une seule leçon : le risque se concentre ; il ne se disperse pas. La semaine dernière, les produits frais restaient la catégorie principale, mais cette semaine, l’ensemble du système a pris davantage de place, tandis que les produits frais sont restés stables. C’est généralement le moment où le commerce devient moins indulgent : les acheteurs resserrent leurs spécifications, les laboratoires travaillent davantage, et un fournisseur peu fiable peut ralentir tout un programme.







