La Belgique parmi les principales sources de rappels alimentaires dans l’UE la semaine dernière

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Equipe éditoriale

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09/02/2026
La Belgique parmi les principales sources de rappels alimentaires dans l’UE la semaine dernière

Notifications de rappels alimentaires en Europe | Semaine 6, 2–8 février 2026

Un changement difficile à ignorer

Même si le nombre total de rappels la semaine dernière est resté dans la moyenne habituelle, la différence s’est jouée sur l’origine des problèmes plutôt que sur leur volume.

La Belgique a enregistré cinq notifications, autant que l’Inde et juste derrière la Turquie. Cela ne serait pas particulièrement marquant si l’un de ces cas n’avait pas concerné la présence d’heptachlore dans des potimarrons Hokkaido cultivés en Belgique, un pesticide interdit dans l’UE depuis 2007.

Il ne s’agissait pas d’une importation passée entre les mailles des contrôles aux frontières. Le produit avait été cultivé au sein même de l’UE, près de vingt ans après l’interdiction. Pour les professionnels du commerce de produits frais, c’est un signal important : cela remet en cause une idée bien ancrée, selon laquelle l’origine européenne rime automatiquement avec un risque de non-conformité plus faible.

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Ce qui a marqué dans les notifications

Au total, 82 notifications ont été émises concernant des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et des matériaux au contact des aliments.

Les fruits et légumes frais restent la catégorie la plus touchée avec 14 cas, suivis des fruits à coque et graines, des céréales et des produits de boulangerie, puis des volailles. À première vue, cela ressemble à un schéma bien connu. Mais en y regardant de plus près, une autre lecture s’impose.

Les mycotoxines ont été le danger le plus fréquemment signalé, principalement liées aux aflatoxines et à l’ochratoxine A. Les microorganismes pathogènes et les résidus de pesticides viennent juste après. Cette combinaison renvoie davantage à des problèmes de conditions de stockage, de gestion post-récolte et de rigueur des contrôles qu’à des surprises survenues au champ.

Les 5 principales catégories de produits ayant enregistré le plus d’alertes RASFF (7).jpg

Graphique 1 : Les 5 catégories de produits avec le plus d’alertes RASFF (Semaine 6)

La Belgique et les questions soulevées par les multiples rappels

Les notifications de la Belgique la semaine dernière couvraient un large éventail de non-conformités :

  • Un pesticide interdit dans des légumes
  • Salmonella dans des volailles
  • Listeria dans un plat préparé
  • Contamination lors de la fabrication alimentaire
  • Substances non déclarées dans un complément alimentaire

Lorsqu’un même pays apparaît dans des catégories aussi variées en une seule semaine, cela suggère que ce ne sont pas de simples erreurs isolées. Cela soulève la question de la cohérence des contrôles tout au long de la chaîne.

Pour les acheteurs, la conclusion est plutôt pratique que politique : le seul critère d’origine ne suffit plus à évaluer le risque. Les fournisseurs européens sont de plus en plus traités comme n’importe quel autre fournisseur, avec les mêmes exigences en matière de tests, de documentation et de traçabilité.

Les 5 pays avec le plus d’alertes RASFF (8).jpg

Graphique 2 : Les 5 pays avec le plus d’alertes RASFF (Semaine 6)

Produits frais : moins de cas, mais mêmes risques

Le nombre d’alertes concernant les produits frais a été inférieur à celui de janvier. Cela ne doit pas être interprété comme une amélioration.

Février est un mois plus calme pour les importations : les volumes diminuent, les inspections se poursuivent, et moins de détections sont attendues simplement parce que moins de lots sont expédiés. Ce qui n’a pas changé, c’est la nature des problèmes observés.

Les résidus de pesticides demeurent très présents, notamment le chlorpyrifos, dans les oranges d’Égypte et les aubergines du Burkina Faso, malgré l’interdiction de cette substance dans l’UE depuis plusieurs années. Le norovirus détecté dans des framboises marocaines a de nouveau mis en lumière des problèmes d’hygiène et de gestion de l’eau dans la production de petits fruits. Les tomates turques ont été signalées pour indoxacarb, s’inscrivant dans un schéma plus large observé ces dernières semaines.

Le pattern des incidents reste constant et non corrigé.

Les fruits secs continuent de figurer dans les listes de rappels

Le secteur où la répétition se fait le plus sentir ? Les fruits secs.

De multiples notifications ont été émises concernant des figues et des mûres séchées en provenance de Turquie, toutes liées à l’ocratoxine A. À ce stade, il ne s’agit plus de lots isolés : cela reflète des points de tension structurels, liés aux pratiques de séchage, à l’humidité de stockage et à la ségrégation des lots.

D’un point de vue commercial, cette répétition modifie les comportements : les acheteurs réagissent en ralentissant les approvisionnements, en augmentant les échantillonnages et en renforçant les spécifications. Cela ne réduit pas toujours immédiatement les volumes, mais augmente les coûts et ralentit le commerce, surtout pour les petits exportateurs. 

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Graphique 3 : Les 5 principaux dangers alimentaires en Europe, semaine 6 de 2026

Fruits à coque et céréales : la pression des aflatoxines ne faiblit pas

La catégorie des fruits à coque et graines a enregistré une part importante d’alertes liées aux aflatoxines, touchant cacahuètes, noisettes, pistaches, graines de tournesol et riz basmati, provenant d’une large gamme de pays.

Ce qui frappe, c’est la dispersion géographique : aucun pays ne domine la liste. Cela suggère que l’intensité des contrôles augmente de manière générale, plutôt qu’un problème isolé sur un seul pays d’origine. Pour les exportateurs, cela signifie que les tests de détection des aflatoxines ne constituent plus un avantage concurrentiel : ils deviennent un prérequis pour accéder au marché.

Ce que cela signifie pour le marché

À court terme, il est peu probable que les consommateurs constatent des pénuries importantes. Ce qu’ils pourraient remarquer, en revanche, ce sont des substitutions discrètes : des produits d’origines différentes en rayons, de courtes indisponibilités pour certains produits, ou de légers ajustements de prix reflétant des coûts de conformité plus élevés.

Le marché se détourne de la confiance fondée sur l’origine pour se tourner vers une preuve à l’échelle du fournisseur. La documentation, le respect des limites de résidus et le contrôle post-récolte comptent davantage que les alertes ou la géographie.

La semaine dernière n’a introduit aucun nouveau risque, mais elle a confirmé que les règles de confiance évoluent. Ceux qui s’adaptent tôt verront le commerce plus fluide, tandis que ceux qui s’en tiennent aux anciennes habitudes constateront que les inspections, les retards et les rejets deviennent une part du coût du commerce.

Rappels de fruits et légumes en Europe

Toutes les alertes concernant les produits frais de la semaine dernière en Europe

Fruits et légumes

  • Amarante (Togo) : acétamipride
  • Potimarrons Hokkaido (Belgique) : heptachlore (substance interdite)
  • Figues sèches (Turquie) : ocratoxine A
  • Framboises (Maroc) : norovirus
  • Piments frais (Kénya) : carbendazim
  • Tomates fraîches (Turquie) : indoxacarb
  • Piments forts (Maroc) : fenazaquin, formétanate, flonicamide
  • Mûres séchées bio (Turquie) : ocratoxine A
  • Aubergines (Burkina Faso) : chlorpyrifos (substance non autorisée)
  • Oranges (Égypte) : chlorpyrifos (substance non autorisée)

Céréales et produits de boulangerie

  • Riz (Pakistan) : hydrocarbures aromatiques des huiles minérales (MOAH)
  • Riz basmati (Inde) : aflatoxine B1
  • Riz basmati complet (Pakistan) : aflatoxine B1, aflatoxines totales
  • Graines de tournesol (Bulgarie) : nickel

Herbes et épices

  • Origan (Turquie) : alcaloïdes pyrrolizidiniques

Fruits à coque, produits dérivés et graines

  • Riz basmati (Inde) : aflatoxine B1 (classé dans la catégorie fruits à coque/graines dans le dataset)
  • Cacahuètes (Argentine) : aflatoxine B1
  • Cacahuètes (Brésil) : aflatoxine B1, aflatoxines totales
  • Noisettes (Géorgie) : aflatoxine B1, aflatoxines totales
  • Graines de sésame (Soudan) : absence de certificat sanitaire

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